Accueil Date de création : 07/05/09 Dernière mise à jour : 17/03/10 12:11 / 128 articles publiés
 

Poèmes choisis

Enigme de Paul Cimbris  (Poèmes choisis) posté le mercredi 17 mars 2010 12:11

ENIGME

*

Enigmatique et belle et toujours solitaire

Elle allait chaque jour par le même sentier

S'asseoir sur un rocher que la marée enserre

Et que la vague bat de son rude bélier.

*

Là, nul écho perdu n'arrive de la terre,

C'est le vide qui s'ouvre et vous prend en entier;

Intense solitude où seul peut se complaire

Un coeur crispé d'attente ou qui veut oublier.

*

Beau sphinx se profilant sur ce rocher lointain,

Ton rêve était-il fait d'un passé mal éteint

Ou bien, gonflé d'espoir, d'un bonheur qu'il sent proche ?

*

- L'âme humaine est un gouffre où la sonde se perd -

Et je n'ai jamais su pourquoi dans ce désert

Cette femme venait s'asseoir sur cette roche.

*

Paul CIMBRIS

"Extrait de son recueil " Sur la Falaise " 1941

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Les yeux d'Elsa - Louis Aragon ( 1897 - 1982 )  (Poèmes choisis) posté le lundi 15 mars 2010 11:08

LES YEUX D'ELSA

*

Tes yeux sont si profonds qu'en penchant pour boire

J'ai vu tous les soleils y venir se mirer

S'y jeter à mourir tous les désespérés

Tes yeux sont si profonds que j'y perds la mémoire

*

A l'ombre des oiseaux c'est l'océan troublé

Puis le beau temps soudain se lève et tes yeux changent

L'été taille la nue au tablier des anges

Le ciel n'est jamais bleu comme il l'est sur les blés

*

Les vents chassent en vain les chagrins de l'azur

Tes yeux plus clairs que lui lorsqu'une larme y luit

Tes yeux rendent jaloux le ciel d'après la pluie

Le verre n'est jamais si bleu qu'à sa brisure

*

Mère des sept douleurs ô lumière mouillée

Sept glaives ont percé le prisme des couleurs

Le jour est plus poignant qui point entre les pleurs

L'iris troué de noir plus bleu d'être endeuillé

*

Tes yeux dans le malheur ouvrent la double brèche

Par où se reproduit le miracle des Rois

Lorsque le coeur battanr ils virent tous les trois

Le manteau de Marie accroché à la crèche

*

Une bouche suffit au mois de Mai des mots

Pour toutes les chansons et pour tous les hélas

Trop peu d'un firmament pour des millions d'astres

Il leur fallait tes yeux et leurs secrets gémeaux

*

L'enfant accaparé par les belles images

Ecarquille les siens moins démesurément

Quand tu fais les grands yeux je sais que tu mens

On dirait que l'averse ouvre des fleurs sauvages

*

Cachent-ils des éclairs dans cette lavande où

Des insectes défont leurs amours violentes

Je suis pris au filet des étoiles filantes

Comme un marin qui meurt en mer en plein mois d'août

*

J'ai retiré ce radium de la pechblende

Et j'ai brûlé mes doigts à ce feu défendu

Ô paradis cent fois retrouvé reperdu

Tes yeux sont mon Pérou ma Golconde mes Indes

*

Il advint qu'un beau soir l'univers se brisa

Sur des récifs que leurs naufrageurs enflammèrent

Moi je voyais briller au-dessus de la mer

Les yeux d'Elsa les yeux d'Elsa les yeux d'Elsa

*

LOUIS ARAGON (1897 - 1982)

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Le Dragon à plusieurs têtes et le Dragon à plusieurs queues - La Fontaine  (Poèmes choisis) posté le dimanche 07 mars 2010 11:27

Les amoureux des Fables de l'illustre La Fontaine ont dévoré son Oeuvre. Curieusement,  " Le  Dragon à plusieurs têtes et le Dragon à plusieurs queues" laisse ses lecteurs devant un grand point d'interrogation.

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SOURCE ( issue de FABLES par R.RADOUANT, voir la photographie ) : Ce récit se trouve, attribué à Gengis-Khan, dans Paroles remarquables des Orientaux de Galland p176. Mais on ne sait pas comment il a pu venir à la connaissance de La Fontaine, l'ouvrage de Galland n'ayant paru qu'en 1694.

*

Etrange ! Non ?

*

En effet, durant de nombreuses années cette fable a été attribuée à des auteurs fantaisistes ( Genghis Khan , voir source ci-dessus ...)

Certains ont même prétendu qu'il s'agissait d'une pure création de La Fontaine.

D'autes ont vu dans le dragon à plusieurs têtes une allégorie représentant les coalisés ligués contre Louis XIV, celui-ci étant dans l'hypothèse, représenté par le dragon à plusieurs queues

Or, depuis quelques temps , nous savons grâce aux travaux de Jacqueline Plantié que notre fabuliste s'est inspiré d'un recueil de "facéties" de Louis Garon ( "Le Chasse Ennuy ou l'Honnête Entretien des bonnes compagnies", édité à Lyon en 1600 )

*

De toutes les façons, c'est la première fois que la Fontaine fait apparaître des orientaux dans une fable.

*

Le Dragon à plusieurs têtes et le dragon à plusieurs queues.

*

Un envoyé du Grand Seigneur(1)

Préférait, dit l'histoire, un jour chez l'Empereur,

Les forces de son maître à celle de l'Empire.

Un allemend se mit à dire:

"Notre prince a des dépendants(2)

Qui, dddde leur chef, sont si puissants

Que chacun d'eux pourrait soudoyer(3) une armée."

Les chiaoux, homme de sens,

Lui dit : "Je sais par renommée(4)

Ce que chaque Electeur(5) peut de ce monde fournir;

Et cela me fait souvenir

D'une aventure étrange, et qui pourtant est vraie.

J'étais en un lieu sûr, lorsque je vis passer

Les cent têtes d'une hydre(6) au travers de la haie.

Mon sang commence à se glacer;

Et je crois qu'à moins on s'effraie.

Je n'en eus toutefois que la peur sans le mal:

Jamais le corps de l'animal

Ne put venir vers moi, ni trouver d'ouverture.

Je rêvais à cette aventure,

quand un autre dragon, qui n'avait qu'un seul chef,

Et bien plus d'une queue, à (7) passer se présente.

me voici saisi derechef

D'étonnement et dépouvante.

Ce chef passe, et le corps, et chaque queue aussi :

Rien ne les empêcha; l'un fit chemin (8) à l'autre.

Je soutiens qu'il en est ainsi

De votre empereur et du nôtre (9).

*

Jean de La Fontaine

*

(1) c'est le sultan de Contantinomple. Le chiaoux ou chaouch est son envoyé

(2) expression de droit féodal. Ces dépendants sont les Electeurs,ainsi appelés de ce qu'ils avaient le privilège d'élire les empereurs d'allemagne. C'étaient les Archevêques de Cologne, de Trèves, de Mayence, l'électeur de Bavière, de Saxe, le margrave de Brandebourg et, à un moment donné, le roi de Suède, presque tous pensionnés par la France, et qui bien loin d'^tre dévoués à l'Empereur, avaient voté à plus d'une reprise, un article lui interdisant de faire passer ses troupes à travers leurs Etats pour secourir les Pays-Bas espagnol, c'est-à-dire de faire la guerre à Loius XIV. Le jugement du Chiaoux était donc pleinement justifié.

(3) C'est le sens propre: "payer la solde des gens de guerre pour les entretenir

(4) Le bruit qui court dans le public

(5) Celui de Brandebourg possédait une armée de 25 000 hommes, mais souvent mise au service de la France

(6) Serpent d'eau et aussi dragon

(7)grammaire

(8) la tête fraya la route à la queue

(9) l'Empire au moment de la guerre de Dévolution (1667)

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Pensée de CONFUCIUS  (Poèmes choisis) posté le mardi 19 janvier 2010 20:36

Le cheval dit : je suis un optimiste qu'on aime fréquenter.

La chèvre dit : je suis plutôt artiste et j'aime la beauté.

Le singe dit : je suis plein de détermination et de courage.

Le coq dit : je suis honnête et sûr de moi, mais laissez-moi tranquille !

Quant au chat, il ronronne.

Celui qui ne cherche ni à tromper, ni à mentir, ni à être malhonnête envers ses semblables, mais qui les connaît au premier regard, est un homme sage.

CONFUCIUS

*

( aquarelle de Kwong Kuen Shan )

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Souvenirs - Tao-Tö-King  (Poèmes choisis) posté le dimanche 09 août 2009 17:49

Lorsqu'on construit une maison, le site choisi compte.

Lorsqu'on réfléchit, la profondeur de pensée compte.

Dans la relation aux autres, bonté et générosité comptent.

Dans les paroles échangées, l'honnêteté compte.

Dans le travail, le savoir-faire compte.

Dans les décisions, l'instant opportun compte.

Si tu n'es en rivalité avec personne,

Il importe peu de gagner ou de perdre.

*

TOA-TO-KING


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